Liverpool, le champion qui s’est affirmé

Le destin d’un vainqueur tient parfois à un tout petit rien. Quelle aurait été la saison des Reds si Alisson n’avait pas réalisé une parade monstrueuse devant Milik dans un Liverpool-Naples qui pouvait éliminer le club anglais dès la phase de poules? Personne ne le sait. Seule certitude: après cette énorme frayeur, les hommes de Jürgen Klopp n’ont pas failli. Qualification sur la pelouse du Bayern Munich après un 0-0 à Anfield en 8emes. Balayage en règle de Porto en quarts (2-0 puis 1-4 au Portugal) avant de renverser le Barça dans une demie retour folle dans l’ambiance incandescente d’Anfield, toujours prêt à vibrer pour les plus grands exploits (4-0 après un 3-0 sévère en Catalogne). Liverpool beaucoup plus froid de réalisme et clinique en finale face à Tottenham (2-0). L’affirmation d’une grande équipe menée par un coach charismatique avec du talent – et pas qu’un peu – à chaque ligne (van Dijk, Alexander-Arnold et Robertson derrière, Fabinho dans l’entrejeu ou le trio infernal Mané-Salah-Firmino). Des Reds qui foncent désormais tout droit vers un titre de champion d’Angleterre qui leur échappe depuis 1990. Une attente beaucoup trop longue pour le peuple rouge.

Le crash du PSG

Le même refrain, la même rengaine. L’histoire se répète inlassablement au PSG incapable de passer les 8es de finale depuis son autodestruction en 2016 au Camp Nou (6-1). Une habitude lassante. Et pourtant, Neymar et Mbappé avaient semblé prendre les choses en main face au futur champion d’Europe au Parc des Princes en phase de poule. Une victoire 2-0 dans un match à forts enjeux. Mais comme l’histoire est un éternel recommencement, Neymar se blesse en janvier et doit déclarer forfait pour les 8es de finale face à un Manchester United bien loin d’être effrayant et délesté de José Mourinho. Edinson Cavani aussi n’est pas là. Mais Paris reste l’immense favori. Du moins on le pensait. Et peut-être davantage après une rencontre aller maîtrisée de A à Z par des Parisiens insolents de maestria devant un Old Trafford médusé (2-0). Le retour est une formalité. Doit être une formalité. Mais Lukaku refroidit le Parc dès la 2e minute. Bernat relance l’espoir d’un 8e tranquille sur un caviar de Mbappé… immédiatement éteint par un Buffon (étonnamment défaillant) qui offre le doublé à Lukaku. Incapable de mettre un 2e but qui tuerait le suspense, fébrile, Paris finit par craquer sur un penalty contestable concédé par Kimpembe. Rashford exécute froidement les Parisiens, une fois de plus à quai avant le début du printemps. Cruel mais presque palpable.

Tottenham, le miraculé (presque) permanent

C’est le fil conducteur de leur saison européenne: le miracle. Qualifiés pour les 8es grâce à une réalisation inespérée de Lucas à Barcelone (1-1), les Spurs auraient pu rêver jusqu’au bout du bout. Miraculée en poules et en quart de finale. Tottenham a en effet été secourue par une assistance vidéo salvatrice sur un but finalement refusé à Sterling et un autre accordé à Llorente (1-0 puis 3-4). Les Spurs qui ont poussé le vice un peu plus loin dans le dernier carré. Sortir l’Ajax qui avait tout maîtrisé pendant trois périodes (1-0 à Londres et 2-0 à la pause aux Pays-bas). Mais un improbable héros va tout renverser en 45 minutes. Lucas auteur un triplé expédie les Anglais en finale. Les hommes de Mauricio Pochettino ne font pas le poids face à Liverpool dans une finale loin d’être inoubliable (2-0). En finale, on ne retient que le nom du vainqueur mais les émotions vécues elles resteront dans les mémoires des Spurs.

L’Ajax, machine à frissons

On pensait que sa cause était entendue dès les 8es. Le Real Madrid avait en effet puni l’Ajax de son manque de réalisme à l’Amsterdam Arena (2-1). Sergio Ramos s’était même permis son petit carton jaune habituel pour se préserver en vue du retour. Le défenseur central espagnol va assister passif à l’une des plus belles masterclass donnée par un adversaire au Bernabeu. Menés par un Tadic auteur du match de sa vie, les Néerlandais donnent une leçon au Real triple tenant du titre. Un succès 4-1 et un rêve pour la génération de Ligt – de Jong: aller au bout et imiter les Kluivert, Bergkamp, De Boer, Davids ou Overmars vainqueurs de l’épreuve en 1995. En quarts de finale, le même scénario se produit. Largement dominée, la Juve punit l’Ajax par l’intenable Cristiano Ronaldo. Heureusement pour les Lanciers, Neres égalise et préserve le suspense. De suspense, il y en aura peu au retour. Les hommes d’Erik ten Hag maîtrisent presque tout au Juventus Stadium malgré le but de Ronaldo auquel répond rapidement van de Beek. Comme un symbole, de Ligt – futur joueur des Bianconeri – envoie les siens en demie. La suite, c’est un improbable retournement de situation en demie. L’Ajax avait pourtant (encore) la main sur Tottenham pendant 90 minutes à Londres (succès 1-0) et 45 aux Pays-Bas (2-0). Avant un écroulement inexplicable et une fin cruelle à cette génération dorée crucifiée par un triplé de Lucas. L’Ajax a failli. L’Ajax n’ira pas au bout de son rêve fou. Mais a peut-être gagné beaucoup plus que ça durant cette saison inoubliable: son football total, son âme, sa personnalité parfois égarés et si chers à sa légende absolue, Johan Cruyff.

https://rmcsport.bfmtv.com/football/liverpool-champion-la-sensation-ajax-2019-une-annee-folle-en-ligue-des-champions-1833033.html

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