Nathalie Boy de la Tour entend les arguments des deux camps. Au sortir d’une réunion particulièrement attendue avec des associations de lutte contre l’homophobie et des représentants de supporters, la présidente de la Ligue de football professionnel (LFP) a exprimé mercredi son opposition à l’arrêt des matchs en cas de manifestations considérées comme homophobes dans les tribunes, tout en martelant sa volonté de faire de la pédagogie et donc de contribuer pleinement à cet épineux débat public.

« C’est une solution souvent extrême »

« L’arrêt des matches n’est pas la solution idoine. Arrêter un match, c’est priver à la fois les acteurs du jeu, les téléspectateurs d’un événement attendu. Et pour nous, c’est une solution souvent extrême », rejette-t-elle.

Dans la lignée des propos de Noël Le Graët réprouvés par Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, Nathalie Boy de la Tour assure que le football n’est « ni raciste ni homophobe ». D’après elle, un malentendu existe sur la sémantique des injures employées: « On a toléré des chants dans les stades, mais aujourd’hui la société ne les accepte plus. Ce n’est pas pour cela que le football est raciste et homophobe. (…) Les suppporters qui clament ces propos ne sont pas homophobes. Il n’y a pas de raison de les stigmatiser ».

Une affaire de perception?

Mais consciente de la « responsabilité sociale que le football doit assumer », la dirigeante évoque un « mea culpa » de la LFP et insiste sur la nécessité de dialoguer avec les supporters sur  leurs « coutumes » et de faire de la pédagogie sur les différents termes qui posent problème: « Nos supporters ne perçoivent pas forcément le caractère discriminant des mots qu’ils peuvent donner. Notre volonté est de réduire ce fossé de perception entre les associations de supporters, les associations LGBT et plus globalement la société », poursuit Nathalie Boy de la Tour, qui veut « travailler dans ce sens pour faire en sorte que nos stades soient des lieux où s’expriment la passion et l’émotion de façon respectueuse ».

Nathalie Boy de la Tour estime ainsi qu’il est possible de « travailler » avec tous les acteurs pour « faire en sorte que nos stades soient des lieux où s’expriment la passion et l’émotion de façon respectueuse ». Et de souligner au passage: « On peut chambrer et chanter en employant des termes qui ne sont pas dans le registre de la discrimination et qui ne sont pas considérés comme un délit ».

Depuis le début de la saison 2019-2020 de football, plusieurs matchs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont été brièvement interrompus en raisons de chants ou banderoles comportant des termes ou des expressions jugées homophobes. Vertement critiquées par bon nombre de supporters, ces nouvelles décisions arbitrales sont encouragées par une circulaire de la FIFA, mais aussi par l’exécutif qui s’est déclaré à plusieurs reprises favorable à l’arrêt de matchs.

https://rmcsport.bfmtv.com/football/homophobie-l-arret-des-matchs-n-est-pas-la-solution-pour-boy-de-la-tour-1765590.html

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