« Dans le football, tout est possible », cette antienne connue et reconnue par tous les fans de football justifie à elle toute seule l’intérêt de regarder un match de foot: tout le monde peut battre n’importe qui et il n’y a pas de certitude. Le sport serait bercé d’une « glorieuse incertitude » qui ferait que même les plus petites équipes pourraient venir à bout des grosses.

Malheureusement, la science a cherché à infirmer cette supposée vérité, en tout cas à l’échelon international, en montrant que ce sont quasiment toujours les sélections les plus riches et les mieux dotées qui s’en sortent le mieux.

Pour gagner, mieux vaut être riche et puissant

Dans leur article «Determinants of national men’s football team performance: a focus on goal difference between teams» paru en décembre dernier, les économistes Nicolas Scelles et Wladimir Andreff rapportent l’existence d’une dizaine de variables expliquant les résultats, allant du PIB par habitant, du poids démographique, de la proportion de licenciés au régime politique, à l’expérience en compétitions sportives, au nombre de matchs internationaux joués dans l’histoire et aux performances en coupe continentale des clubs.

Dans leur revue de littérature, les chercheurs de l’Université de Manchester et de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne admettent même que la météo et la température moyenne du pays deviennent des facteurs déterminants. Finalement, il n’y aurait pas vraiment de surprise et les performances sportives pourraient être vérifiées à partir de modèles statistiques.

Sur le long terme, ça tient…

Seulement, à chaque fois les facteurs ont été testés à partir du classement FIFA sur plusieurs saisons, pas sur des rencontres en direct, une à une, opposition par opposition et, en ce sens, on ne pouvait jamais anticiper le résultat à partir des variables considérées. Il s’agissait seulement de constater, sur le long terme, ce qui pouvait expliquer la victoire ou la défaite.

Scelles et Andreff sont donc allés plus loin dans le raisonnement et ont appliqué la modélisation statistique directement sur des matchs, et non partir d’une moyenne du classement FIFA. Plutôt que de regarder la place de telle ou telle sélection sur deux saisons, ils ont analysé 2.584 matchs internationaux, joués entre 2011 et 2013, et ont vérifié si les résultats, victoire, défaite ou nul, concordaient avec les prédictions du modèle.

On vous épargne les calculs et démonstrations mathématiques pour arriver directement à la conclusion.

Oui, les variables à long terme sont aussi significatives à court terme et tendent à expliquer les résultats lors de rencontres internationales.

Oui, avoir un PIB par habitant élevé, avoir un fort taux de licenciés, un bon régime démocratique, une importante expérience au sein de la FIFA, avec de nombreux matchs joués au cours de l’histoire, des clubs performants sur la scène continentale et une météo propice à la dépense sportive augmentent significativement les chances de victoire.

…mais ça n’explique pas forcément les performances de l’Angleterre

Alors bien évidemment ce n’est pas une certitude, bien évidemment que la corrélation n’est pas égale à 100% et que même avec tous ces éléments, un pays ne sera pas automatiquement champion du monde. Regardez la Croatie finaliste de la dernière Coupe du monde ou, à l’inverse, regardez l’Angleterre depuis 1966, incapable d’atteindre une finale de coupe du Monde ou d’Euro.

Heureusement, il restera toujours une marge d’erreur qui fera que le football restera bercé par une « glorieuse incertitude ».

https://rmcsport.bfmtv.com/football/comment-gagner-a-coup-sur-un-match-ces-variables-determinees-par-des-etudes-1834143.html

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